Le nouveau Premier ministre hongrois a-t-il exprimé son refus sur les 90 milliards d’euros accordés à l’Ukraine ?


Publié le vendredi 24 avril 2026 à 10:49

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Peter Magyar, chef du parti hongrois Tisza, assiste à une conférence de presse internationale à Budapest, en Hongrie, le 20 avril 2026.

(Attila KISBENEDEK / AFP)

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Jessy Gourdon

Plusieurs internautes affirment que le vainqueur des élections Péter Magyar, aurait exprimé son refus sur l’aide de 90 milliards d’euros accordée à l’Ukraine. Pas tout à fait.

« Nous avons fait tomber le régime Orban », « nous avons libéré la Hongrie ». Ces mots sont ceux de Péter Magyar, le chef du parti d’opposition Tisza, qui a remporté les élections législatives qui se sont tenues le 12 avril dans le pays. Faisant ainsi tomber le Premier ministre hongrois sortant, Viktor Orbán, au pouvoir depuis seize ans.

Au lendemain de ces élections, le futur Premier Ministre a présenté son plan d’actions, à l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue à Budapest, la capitale du pays.

Au cours de ce discours, long de trois heures, Péter Magyar a affiché sa volonté de tourner la page Orban et celle de renouer avec l’Union Européenne. Il s’est notamment exprimé sur le prêt européen de 90 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine. Selon plusieurs internautes, le dirigeant hongrois aurait dit « non » à cette aide. « Ils ont jubilé, se sont fendus de déclarations poétiques et d’autosatisfaction après la défaite d’Orbán. Puis Péter Magyar a parlé après sa victoire… et là, patatras ! Pas de prêt de 90 milliards € à l’Ukraine », peut-on même lire dans ce post, cumulant près d’une centaine de milliers de vues.

FAKE OFF

Contrairement à ce que l’on peut lire dans ces posts, Péter Magyar n’a pas exprimé son refus vis-à-vis de ce prêt pour l’Ukraine. Il a assuré lever le veto de la Hongrie, exercé par son prédécesseur depuis plusieurs semaines, sur cette aide versée par l’Union Européenne.

Il a cependant précisé que Budapest allait rester en dehors de la contribution financière de ce prêt. Exactement comme cela était prévu dans l’accord trouvé initialement par les dirigeants européens. « Je constate que les négociations se poursuivent à Bruxelles, mais il s’agit d’une décision qui a déjà été acceptée : la Hongrie bénéficie d’une clause d’exemption et restera en dehors », a-t-il déclaré, cite Politico dans son live du lendemain des élections en Hongrie.

Toutefois, le nouveau Premier ministre hongrois a bien exprimé un refus sur un point. Celui de l’entrée de l’Ukraine dans l’Union Européenne. « Il s’agit d’un pays en guerre, il est totalement exclu que l’Union européenne admette un pays en guerre », a-t-il développé.

Récupérer des fonds bloqués

Autre déclaration faite par Péter Magyar dans cette conférence de presse : « ramener […] les fonds européens auxquels le peuple hongrois a droit ». Autrement dit, obtenir le dégel des fonds européens destinés à la Hongrie - 18 milliards d’euros selon Politico. Un montant bloqué par Bruxelles pour cause de non-respect de l’Etat de droit par le gouvernement Orban.

Remettre en place l’Etat de droit dans le pays, c’est justement la volonté affichée par le chef du parti Tisza dès le soir du résultat des élections. Dans son discours de victoire, il a promis de rétablir « le système des freins et contrepoids », d’adhérer « au Parquet européen », et de garantir « le fonctionnement démocratique » du pays.

Dans le cadre d’un programme de réarmement de l’Union Européenne (le plan SAFE), la Hongrie pourrait recevoir des dizaines de milliards d’euros supplémentaires.

Un passage à l’euro a également été évoqué par Péter Magyar. Aucune date précise n’a toutefois été avancée par le Premier ministre hongrois.