Présidentielle 2027 : 80 % des socialistes voteraient avec LFI, selon Olivier Faure ? Pas tout à fait…


Publié le lundi 28 septembre 2026 à 10:28

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À l'Assemblée nationale, les votes du Parti socialiste d'Olivier Faure rejoignent ceux de la France insoumise de Mathilde Panot et Manuel Bompard. 

(A.Cornu/Hans Lucas/AFP)

Auteur(s)

Romarik Le Dourneuf

Au cours du premier débat de la primaire socialiste le mercredi 23 septembre, Olivier Faure a affirmé que l’alliance avec LFI devait être envisagée au regard de leur vote similaire « 80 % » du temps à l’Assemblée nationale

Le mercredi 23 septembre a sonné le coup d’envoi de la primaire du Parti socialiste et de « l’espace social-démocrate ». Sur LCI, et pendant plus de trois heures, les cinq candidats - Raphaël Glucksmann (Place publique), Emmanuel Maurel (Parti de Gauche républicaine et socialiste), Ségolène Royal, Olivier Faure (PS), et Jérôme Guedj (PS) - ont débattu en répondant aux questions posées par un panel de Français.

Après des échanges consensuels sur plusieurs sujets, le ton est monté au moment d’aborder le conflit israélo-palestinien. Mais c’est une question sur une possible alliance avec la France insoumise lors de prochaines législatives qui a enflammé les débats. Face à un Raphaël Glucksmann, fermement opposé, Olivier Faure a, lui, avancé la nécessité de retrouver « à l’hémicycle de nouvelles forces de gauche ».

Pour défendre sa position, le secrétaire national du Parti socialiste avance des chiffres : « Nous votons, nous socialistes, Jérôme Guedj compris, à 80 % actuellement avec les insoumis, à 84 % avec les communistes ou avec les écologistes. Donc nous aurons besoin de ces convergences-là. » Une estimation qui dessine une proximité dans les lignes politiques alors que le PS et la LFI s’affrontent souvent durement par médias interposés.

FAKE OFF

Le chiffre a surpris certains internautes qui ont suivi le débat. Pourtant, si Olivier Faure exagère légèrement les chiffres, la proximité entre les deux groupes est bien réelle. Selon Datan, l’outil en ligne qui analyse l’actualité parlementaire par le prisme des votes, depuis le début de cette mandature commencée aux élections législatives 2024, le groupe Socialistes et apparentés a un taux de proximité de 72 % (le pourcentage de fois où les deux groupes ont voté la même chose) avec le groupe LFI-NFP.

Avec un tel chiffre, les insoumis sont le second groupe le plus proche des socialistes à l’Assemblée après les Ecologistes (78 %), mais devant le groupe Gauche Démocrate et Républicaine (60 %) auxquels appartiennent les communistes. Selon Datan, les groupes socialistes et insoumis ont participé à une coalition commune à 1.448 reprises.

Une ligne similaire sur les grands sujets

Une proximité, pointée par Olivier Faure, qui se confirme pour Jérôme Guedj. Si le député de l’Essonne a réitéré ne « plus jamais » vouloir d’alliance avec LFI, ses votes, comme l’affirme son collègue socialiste, sont à 75 % similaires à ceux du groupe insoumis.

Des données parlantes qui s’évaluent sur 8.434 votes depuis juillet 2024 et qui se confirment sur les votes marquants de cette législature. Motions de censure contre le gouvernement Barnier en octobre et décembre 2024 (pour), suppression du droit du sol à Mayotte (contre), loi Duplomb sur l’agriculture (contre), vote de confiance au Premier ministre François Bayrou (contre), instauration de la taxe Zucman (pour), loi créant un droit à l’aide à mourir (pour), proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre (contre)… Sur ces grands thèmes, les socialistes et les insoumis se sont souvent retrouvés.

Ils partagent toutefois certains désaccords, notamment lorsqu’il a fallu soutenir ou non le gouvernement en place lors des votes de motions de censure contre les gouvernements Bayrou en février 2025 (PS : contre ; LFI : pour) et Lecornu en octobre 2025 (PS : contre ; LFI : pour).

S’il est difficile aujourd’hui d’anticiper une nouvelle alliance globale de type Nupes ou NFP pour de prochaines législatives consécutives à l’élection présidentielle en 2027, les lignes politiques montrent que des coalitions ponctuelles au Palais Bourbon sont toujours envisageables.