Des pluies de niveau habituel au printemps soulageraient les cultures, mais ne combleraient pas le déficit d'eau


Des pluies de niveau habituel au printemps soulageraient les cultures, mais ne combleraient pas le déficit d'eau

Publié le mardi 7 mars 2023 à 19:20

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( AFP / GUILLAUME SOUVANT)

Auteur(s)

Gaëlle GEOFFROY, AFP France

Déjà affectées par la canicule et la sécheresse de l'été 2022, les nappes phréatiques françaises ont souffert d'un mois de février 2023 historiquement sec qui a empêché leurs niveaux - bas, voire très bas dans de nombreuses régions - de remonter. Les sols en surface sont aussi extrêmement secs. Il faudrait ainsi des pluies supérieures à la normale ces prochains mois pour combler ce déficit. Pourtant, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a affirmé fin février que des pluies comme on les connaît "d'habitude" au printemps permettraient de ne pas avoir de "difficultés" d'accès à l'eau et d'irrigation. Mais la situation est plus complexe que cela : si des pluies conformes aux normales saisonnières permettraient de soulager les cultures, il en faudrait bien plus pour reconstituer les nappes, expliquent des hydrologues. En outre, l'incertitude règne sur ce que sera la pluviométrie de ce printemps, cruciale pour l'été à venir, après déjà un été 2022 historiquement sec, Météo France ne privilégiant pour l'heure aucun scénario.

Alerte à la sécheresse en plein mois de février. Après une année 2022 historique en termes de chaleur et déjà particulièrement pauvre en pluies, Météo France a fait état le 22 février 2023 d'une sécheresse jamais vue depuis les plus de six décennies qu'elle scrute les niveaux de précipitations.

"Dans un contexte de conditions anticycloniques, la France a connu 32 jours consécutifs sans précipitations significatives entre le 21 janvier et le 21 février. Il s’agit du nombre de jours sans pluie (précipitations inférieures à 1 mm en moyenne sur la France) le plus important jamais enregistré depuis (le début des enregistrements en, NDLR) 1959, toutes saisons confondues", a confirmé l'agence météorologique dans son bilan de l'hiver 2022-2023 publié le 6 mars. Le dernier record datait de 2020 (31 jours sans pluie entre le 17 mars et le 16 avril).

Face à cette situation, le gouvernement tente d'anticiper, et le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu a réuni le 27 février les préfets coordinateurs de bassins pour les appeler à prendre des arrêtés de restriction d'eau "dès maintenant" afin d'anticiper d'éventuelles situations de crise pendant l'été. Un total de sept départements étaient ainsi concernés par des mesures de restriction d'eau de divers degrés mais extraordinairement précoces au 13 mars, comme on peut le voir sur le site Propluvia.

Déclarations critiquées

Aux premiers jours de mars, se pose désormais la question de savoir si ce printemps 2023 sera lui aussi particulièrement sec et, s'il pleut, si les niveaux de précipitations seront suffisants pour faire remonter le niveau d'humidité des sols et recharger les nappes phréatiques.

"On est dans un quelque chose d'atypique en termes de pluviométrie", mais "ça va bien tomber à un moment", a estimé le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau le 27 février sur Public Sénat, comme on peut l'entendre à 1 minute 56 secondes dans cette vidéo  :

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La veille, dans l'émission Le Grand Jury, sur RTL, Marc Fesneau avait fait valoir que les restrictions d'eau étaient des "restrictions d'anticipation" qui avaient la particularité d'intervenir plus tôt qu'habituellement dans la saison cette année du fait de la sécheresse de février, tout en affirmant: "la vérité, s’il pleut comme il pleut d’habitude, régulièrement, au printemps, nous n’aurons pas de difficultés, parce que nous n'aurons pas besoin de prélever dans les nappes ou dans les cours d'eau". On peut l'entendre à 1 minute 37 secondes dans cette vidéo :

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Cette déclaration a provoqué de vives réactions, certains pointant du doigt l'"insupportable déni" du ministre voire son "incompétence".

Le climatologue Christophe Cassou, co-auteur du 6e rapport du Giec, qui rassemble les experts climat de l'Onu, a critiqué le ministre en l'accusant de "rassurisme":

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D'autres déclarations font dire à certains hydrologues que le ministre de l'Agriculture, même s'il s'en défend, pèche par trop d'"optimisme", comme l'a considéré Agnès Ducharne, hydrologue directrice de recherche au CNRS, le 6 mars 2023 auprès de l'AFP.

Dans un entretien au quotidien Libération en date du 3 mars, Marc Fesneau explique: "S’il pleut 50 mm d’eau tous les mois jusqu’en octobre, je n’ai pas besoin d’aller puiser dans les nappes parce que mes plantes vont pousser".

b5c136cceeb504192dec2dce1db9db75f7b700ce-ipad.jpgCapture d'écran, réalisée le 6 mars 2023, d'une interview de Marc Fesneau à l'édition du 3 mars de Libération

"Ce pourrait être vrai s'il était un agriculteur qui fait de l'agriculture pluviale (qui dépend exclusivement des précipitations, à l'inverse de l'agriculture irriguée, NDLR) : ces précipitations pourraient probablement suffire à humecter les sols. Mais s'il était un gestionnaire de la ressource en eau, ou un producteur d'eau potable, il ne raisonnerait pas dans les mêmes termes...", a taclé Agnès Ducharne, le 6 mars auprès de l'AFP.

Prudence

Des pluies de niveau habituel dans les semaines ou mois à venir suffiraient-elles pour l'irrigation des cultures ? Possible, répondent les experts interrogés par l'AFP, mais, soulignent-ils, rien ne garantit qu'elles seraient suffisantes, et le problème de l'important déficit d'eau accumulé par de nombreuses nappes souterraines resterait tout entier.

Pour rétablir quelque peu la situation avant l'été, "il faudrait des précipitations supérieures à la normale, forcément, puisqu'on part de plus bas que la normale", a souligné Agnès Ducharne.

ef407d3245aa7861eb2c8743f67e4ddc450f89fc-ipad.jpgLe lac Montbel, en Ariège, le 21 février 2023

La sécheresse de cette fin d'hiver est à la fois météorologique (pas ou très peu de précipitations, ce qui fait que les sols sont extrêmement secs) et hydrologique (nappes, débits des cours d'eau et niveaux des retenues hydroélectriques sont plus bas que la normale). 

Vu la situation actuelle, "s'il pleut normalement, on aura quand même un déficit, car janvier et février ont été déficitaires globalement dans toute la France", confirme David Labat, professeur d'hydrogéologie à l'Université Paul Sabatier Toulouse 3, interrogé le 3 mars par l'AFP : 25% de précipitations en moins en janvier-février à Toulouse par rapport à la moyenne des mêmes mois de la période 1991-2020, 40% en moins à Paris, 40% en moins à Metz, 42% en moins à Lille, 50% en moins à Nantes, 83% en moins à Marseille, a calculé M. Labat à partir des données du portail infoclimat.fr.

"Pour le moment, vu les précipitations de février, la situation amène plutôt à la prudence et à anticiper une situation qui peut devenir problématique", explique-t-il.

Et de souligner qu'irriguer nécessitera quoi qu'il arrive une bonne gestion de la ressource en eau: "de mars à mai, si on a un peu plus de précipitations que la moyenne, je dirais que, moyennant une répartition des usages de l'eau adaptés à une situation légèrement déficitaire, l'irrigation pourra se faire". 

Des sols de février aussi secs qu'à la mi-avril

La situation est particulièrement précaire d'abord parce que les sols sont très secs.

Selon le bilan hivernal de Météo France publié le 6 mars, "les précipitations ont été déficitaires d’environ 25% en moyenne sur le pays et l’hiver 2023 se classe au 9e rang des moins arrosés depuis 1959". Au 1er mars, la sécheresse des sols français était en moyenne équivalente à ce qu'elle est habituellement "mi-avril".

2ae2941facf419ccbd26a57537933285689d8c4c-ipad.jpgCapture d'écran, réalisée le 6 mars 2023, d'une carte de Météo France indiquant à quelle période de l'année correspond l'état des sols au 1er mars 2023

Le seul mois de février a, lui, enregistré plus de 75% de moins de précipitations par rapport aux normales, ce qui le classe "au 4e rang des mois de février les plus secs sur la période 1959-2023", derrière 1959, 1965 et 2012.

La carte ci-dessous montre que l'humidité des sols était fin février quasiment dans toute la France inférieure à la moyenne de celle enregistrée sur la période 1991-2020: 

5dc7f2d7aa7276454b239a7743aeac2866bdb8e0-ipad.jpgCapture d'écran, réalisée le 2 mars 2023, du communiqué de presse de Météo France du 22 février

Un enneigement très déficitaire

Manque de pluies, mais aussi d'enneigement dans les régions montagneuses. Il a bien neigé sur tous les massifs, mais "après un enneigement légèrement inférieur aux normales en début de saison, la quantité de neige est devenue très déficitaire à partir du début du mois de janvier", a résumé Météo France le 6 mars.

Au 1er mars, l'enneigement était "très déficitaire" dans les Pyrénées et "record" par sa faiblesse dans les Alpes, indique l'agence météorologique. Or, ce sont ces neiges qui, au moment de la fonte printanière, alimentent les cours d'eau et les retenues hydroélectriques, dans lesquels agriculteurs et énergéticiens puisent pour respectivement irriguer et produire de l'électricité.

4c70b81527fdc7f0b824b04afeb2fc6d2e542b2f-ipad.jpgCapture d'écran, réalisée le 6 mars 2023, d'une carte de Météo France résumant le bilan par région des températures et précipitations de l'hiver 2022-2023

Des nappes qui peinent à se recharger

Du côté des nappes phréatiques, la situation est difficile également.

En France, c'est le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) qui suit leurs niveaux et en particulier leur remontée pendant la saison dite "de recharge", qui court entre octobre et la fin mars-début avril.

Or il constate qu'au 1er mars, "la recharge 2022-2023 reste déficitaire": "l’ensemble des nappes affichent des niveaux sous les normales", "80% des niveaux sont modérément bas à très bas", et "la plupart des secteurs affichent des niveaux nettement inférieurs à ceux de février de l’année dernière", a-t-il indiqué dans son bulletin national publié le 13 mars.

Les niveaux des nappes réactives, qui sont sensibles à l'absence de pluies, "sont généralement sous les normales mensuelles, de modérément bas à bas".

Les tendances pour les nappes dites inertielles, dont les niveaux sont moins sensibles à la pluviométrie, "sont plus contrastées", mais globalement, "la recharge enregistrée depuis l’automne 2022 reste très faible voire inexistante sur la plupart" d'entre elles.

7360ed080d37c2ed5b59126da25ad2b4.jpegCapture d'écran, réalisée le 13 mars 2023, du dossier de presse du BRGM sur la situation des nappes françaises au 1er mars

"S'il pleut un peu au-dessus de la normale, on pourrait voir rapidement les points jaunes passer au vert, mais pour les points oranges et rouges, il faudrait beaucoup plus que des puies normales", a commenté Violaine Bault, hydrogéologue au BRGM, lors de la présentation à la presse du bulletin national.

Quant à dire combien il faudrait de millimètres de pluie, "c'est très compliqué: chaque nappe est différente, cela dépend du type de roche, l'eau circule différemment" selon les endroits, a-t-elle expliqué.

Pour la saison de recharge des nappes de l'hiver 2022-2023 à l'échelle de la France, il avait plu 435,1 millimètres en cumulé à la date du 2 mars inclus, alors que la normale 1991-2020 s'établit à 583,7 mm, selon des données de Météo France transmises à l'AFP le 3 mars 2023. Soit un manque de quelque 150 mm, ce que les experts considèrent comme important.

A noter que sur une année entière, le cumul moyen de pluies sur 1991-2020 atteignait sur le territoire français 934,7 mm, avec des mois de novembre et décembre généralement les plus pluvieux, et des mois de juillet les moins pluvieux.

"Il ne suffit pas d'avoir beaucoup de pluies"

Qu'attendre des semaines et mois à venir ?

Plus que jamais, la météo de ce printemps sera cruciale, sur une période, de mars à fin mai, qui l'est déjà habituellement particulièrement.

Le printemps marque en effet à la fois la fin, à fin mars, de la saison de recharge des nappes phréatiques, puis le début de l'explosion de la végétation. A partir d'avril-mai, une partie des pluies qui tombent est utilisée par la végétation pour son développement et repart directement dans l'atmosphère via le processus d'évapotranspiration des plantes : elle n'atteint alors pas les couches profondes des sols et les nappes. 

f245141a16c9f2d5d0a56484a000984c7a226f7a-ipad.jpgUne vache s'abreuve à Lavau-sur-Loire, en Loire-Atlantique, le 27 août 2022 (AFP / LOIC VENANCE)

Des pluies sont attendues impatiemment pour la semaine du 6 mars. Mais elles ne devraient pas concerner "les régions méditerranéennes" - régions qui souffrent particulièrement de la sécheresse-, a souligné Gaétan Heymes sur Twitter le 6 mars, en rappelant aussi que généralement, "mars constitue un creux pluviométrique: à l'échelle du pays, c'est le troisième mois le plus sec de l'année, après juillet et août: 2,2 mm par jour en moyenne".

Ensuite, la situation actuelle fait que, même si des pluies seront bénéfiques pour la végétation, les sols étant extrêmement secs, un phénomène de ruissellement risque de s'opérer.

"Il ne suffit pas d'avoir beaucoup de pluie : les sols ne sont pas capables d'absorber des précipitations très importantes. C'est pourquoi il est beaucoup plus efficace d'avoir des pluies légèrement au-dessus de la moyenne pendant tout l'hiver, ou juste normales, pour recharger les nappes, plutôt que d'escompter qu'en un mois les pluies puissent compenser le déficit des mois passés", souligne Agnès Ducharne.

Globalement, après la sécheresse hivernale que la France a connue ces derniers mois, "il faudrait des pluies suffisamment abondantes et uniformément réparties dans le temps - ce qui n'arrive jamais", résume-t-elle.

Résultat: "s'il pourrait ne pas y avoir de sécheresse météorologique dans les mois qui viennent", c'est-à-dire si les précipitations revenaient à des niveaux normaux, la France pourrait devoir faire face à une "sécheresse hydrologique": certaines nappes pourraient avoir du mal à se reconstituer et leurs niveaux rester durablement inférieurs à la normale. 

3deab512313ea6bd5957404f69463953c6f73554-ipad.jpgLe lit asséché de la Loire, le 26 février 2023, à Montjean-sur-Loire, dans le Maine-et-Loire (centre ouest) (AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER)

Dans ses prévisions à trois mois pour mars, avril et mai, Météo France a indiqué ne privilégier "aucun scénario" parmi ceux d'un printemps "conforme", "plus sec" ou "plus humide" que les normales saisonnières.

Côté températures par contre, "le scénario plus chaud que la normale est le plus probable pour la France" sur cette période, a noté Météo France.

Un été 2023 "sous surveillance", quoi qu'il arrive

La situation est donc très loin des déclarations du ministre Marc Fesneau pour qui des pluies de niveaux "habituels" permettraient d'éviter les "difficultés".

"De toute façon, sauf conditions météorologiques très favorables, l'été 2023 sera un été sous surveillance", souligne David Lebat.

Pour Agnès Ducharne, il faut d'ores et déjà prendre "des mesures de restriction des pompages, qui sont dans certaines régions un moteur non négligeable de la sécheresse".

Avec le déréglement climatique qui va accroître la fréquence d'événements météorologiques extrêmes, hydrologues et climatologues appellent à anticiper et agir fort.

Un rapport du projet Drias (Donner accès aux scénarios Régionalisés  français pour l'Impact et l'Adaptation de nos Sociétés et environnement), sous l'égide du ministère de la Transition écologique, a en effet souligné en 2020 que les divers scénarios étudiés, malgré une "grande incertitude", permettaient d'anticiper "une légère hausse" des cumuls de précipitations attendus globalement à terme en France, avec "une forte modulation saisonnière": des cumuls en "hausse systématique en hiver", et une baisse "quasi systématique", parfois drastique, en été. Le tout décliné selon un axe nord/sud ou nord-est/sud-ouest, est-il résumé en page 41 du rapport.

"Jusqu'alors, il y avait cette idée de l'abondance de l'eau, mais avec le déréglement climatique il faut désormais traiter l'eau comme une vraie ressource : comment on l'utilise, comment on répartit les usages entre eau potable, irrigation, industries", plaide David Labat.

Pour tous ces usages, les conséquences de la sécheresse sont multiples et déjà très concrètes: certains départements villages français continuent de ne plus avoir accès à l'eau potable depuis des mois, comme celui de Coucouron en Ardèche.

Le secteur industriel fait face aussi à ces enjeux: EDF a vu sa production hydroélectrique chuter de 20% en 2022 du fait de la sécheresse qui a drastiquement abaissé le niveau de l'eau dans ses barrages, souligne David Labat.

0cde90bd6551723821f4d9e90e607d0a67a9f72a-ipad.jpgLe barrage de Soucelm, dans la vallée du Vicdessos, en Haute-Ariège, dans le sud-ouest de la France, le 22 août 2022 (AFP / VALENTINE CHAPUIS)

"Il faut réussir à convaincre tous les usagers que l'eau doit être partagée équitablement", abonde Agnès Ducharne, en rappelant que l'agriculture est à elle seule responsable de 45% des prélèvements nets d'eau (prélèvements bruts - eau restituée aux milieux naturels) en France, devant le refroidissement des centrales nucléaires (30%) et l'eau potable (20%).

Contacté le 3 mars par l'AFP, le ministère de l'Agriculture n'avait pas donné suite à la date de la publication de notre article.

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